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La séquence victorieuse des Remparts
Paul Dufour revit de beaux souvenirs

Par Serge Emond
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CHICOUTIMI (SE) - Hier après-midi, Paul Dufour se préparait à adresser un petit message de félicitations aux Remparts de Québec. En début de semaine, les Remparts ont égalé une marque établie par les Eperviers de Sorel, en 1973-74, en disputant un 27e match de suite sans défaite.

Paul Dufour a une très bonne raison pour s'intéresser à la marche des Remparts. Il dirigeait les Eperviers en 1973-74. Au sein de cette formation se trouvaient également le Chicoutimien Michel Bergeron et le Baieriverain Carlo Torresan.
«J'ai remplacé Yvan Gingras dans les premiers mois de la saison, rappelle Paul Dufour. Evidemment, c'était très agréable. On gagnait tout le temps. Nous avions plusieurs très bons joueurs. Mon rôle était surtout de garder tout le monde heureux. Par exemple, ils voulaient tous jouer en avantage numérique. Je crois que j'ai eu du succès parce que j'ai gardé tout le monde heureux.

«Pendant cette séquence, nous avons gagné une seule fois en prolongation. C'était à Shawinigan et nous perdions par deux buts avec une minute et trente secondes à jouer. Nous avions marqué deux fois alors que notre gardien avait été retiré.»
En 1973-74, les Eperviers ont terminé le calendrier régulier au sommet de la Ligue junior majeur du Québec. Ils ont cependant été éliminés par les Remparts de Québec, en série finale.

Curieusement, Paul Dufour n'a jamais vu la conclusion de cette finale.

«J'avais dit à Rodrigue Lemoyne que je quitterais l'équipe s'il se rendait dans le vestiaire un jour pour parler aux joueurs, raconte Paul Dufour. Il est entré dans le vestiaire pendant la finale contre Québec. J'ai démissionné à la fin du deuxième match...

«Quand Rodrigue a commencé à diriger l'équipe, il y a eu des bagarres extraordinaire. C'est ce qu'il voulait. Ce n'était mon genre. Je ne suis jamais retourné au hockey. A la même période, je commençais le golf au club Saguenay.»
Paul Dufour accorde beaucoup de mérite aux Remparts. Il reconnaît que le hockey junior a bien changé mais fait également remarquer que les conditions qui entourent la LHJMQ ne sont plus les mêmes.

«Les joueurs des Remparts doivent être fiers de leur séquence, assure-t-il. Les équipes doivent aujourd'hui effectuer des déplacements incroyables. Il faudrait féliciter le chauffeur de l'autobus aussi... Dans mon temps, à l'exception de Bergeron et Torresan, les joueurs se plaignaient quand on allait jouer à Chicoutimi. Aujourd'hui, ils se rendent jusqu'à Cap Breton.»

De gros marqueurs

Michel Bergeron conserve de bons souvenirs de l'époque des Eperviers de Sorel.

«Neuf attaquants avaient terminé la saison avec plus de 100 points, raconte le Chicoutimien. Les membres du premier trio, Pierre Larouche, Michel Déziel et Jacques Cossette avaient obtenu un total de 700 points. Je jouais sur le deuxième trio avec Firmen Royer et Serge Gamelin. Nous avions récolté respectivement 143, 121 et 118 points. Sur la troisième ligne, on retrouvait Pierre Mondou, Lucien Deblois et Robert Ritchie. Nous avions aussi un défenseur de 100 points, Denis Carufel.

«Je me souviens d'un match à Laval où nous perdions 6-0 après une période. Nous avions gagné 18-6... Nous n'avions aucune raison de nous faire battre par cette équipe. Je crois que l'ancien record était de 25 matches sans défaite. Après la 22e ou le 23e partie, nous avons commencé à en parler mais nous n'avons jamais vraiment mis le focus là-dessus. On cherchait seulement à gagner le prochain match.»
Michel Bergeron a gardé contact avec les joueurs qui formaient l'équipe des Eperviers en 1973-74. Le groupe a fêté le 20e anniversaire de cette formation, il y a quelques années.

«Nous avions été battus par Québec, en finale, mais les Remparts avaient toute une équipe aussi, note celui qui dirige maintenant son propre restaurant à Chicoutimi. Ils avaient des joueurs comme Jacques Locas, Réal Cloutier, Guy Chouinard et Richard Nantais. C'est leur gardien, Maurice Barrette, qui nous avait éliminés.

«Je suis un peu ce qui arrive avec les Remparts. Les records sont faits pour être battus. Certains durent plus longtemps que d'autres. Hull s'est approché du record (24) en 1995-96. Le hockey a beaucoup changé maintenant. Il y a 25 ans, on jouait devant 15 000 personnes au Forum de Montréal et 12 5000 au Colisée de Québec. Le hockey était très fort. Dans le temps, une équipe avait besoin d'une dizaine de bons joueurs pour avoir du succès.»

LE QUOTIDIEN, le Mercredi 9 décembre 1998


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