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Au Saguenay pour visiter la parenté

Pilote incite les jeunes à ne pas lâcher l'école

Par Pierre Fellice

 

Jonquière (PF) - Il est loin le temps où Pierre Pilote faisait la pluie et le beau temps à la défense des Black Hawks de Chicago.

Le p'tit gars de Kénogami, comme plusieurs, les plus âgés surtout, le surnomment encore aujourd'hui lorsqu'ils entendent son nom, est de passage présentement dans son patelin d'origine, pour y visiter la parenté et sans doute quelques amis également.   Il n'a d'ailleurs pas oublié son coin de pays et surtout, c'est un point qu'il faut retenir, il contrôle encore fort bien la langue de Molières, malgré le fait qu'il ait quitté la région en 1944, à l'âge de douze ans seulement.

Pilote, on s'en souviendra, a dit au revoir au hockey professionnel à l'issue de la saison 1968-69, après quatorze glorieuses saisons, d'abord à Chicago, puis à Toronto, où il a mis un terme à sa carrière.

Catalogué parmi les meilleurs défenseurs de la Ligue nationale, il aura disputé 890 matchs en saison régulières, conservant un dossier de 80 buts et 418 mentions d'assistances.  Puis en séries, il a joué 86 rencontres, marquant 8 buts et récoltant 53 aides.

Une coupe Stanley figure également  à son palmarès, celle remportée sous les couleurs des Hawks, en 1960-61.

"C'est un moment que je n'ai pas oublié.  J'étais au summum de ma carrière à ce moment-là et j'avais accumulé quinze points en série, le même nombre que Bobby Orr.  Pour un défenseur, c'était loin d'être mauvais à l'époque", raconte-t-il d'entrée de jeu.

Intronisé au Temple de la Renommée en 1975, Pilote affirme être sorti de l'anonymat avec la  mise en place du nouveau Temple de la Renommée, à Toronto, en 1993.

"Auparavant, ce fameux Temple était en réalité un "petit trou" auquel on accordait peu d'importance.  Tout a changé avec la mise en place de la nouvelle bâtisse à Toronto.  Depuis ce temps, les joueurs de l'époque des six clubs, sont beaucoup plus sollicités, tantôt pour simplement signer des autographes, un peu partout à travers le Canada, ou encore pour rencontrer des jeunes à l'intérieur de différents tournois.  Sur ce point d'ailleurs, je dois dire que je suis très occupé actuellement".

Les études d'abord

Aujourd'hui âgé de 65 ans, Pierre Pilote vit une retraite relativement paisible.   Il a d'abord vendu sa ferme qu'il possédait à Milton en Ontario, avant de tenter l'expérience durant deux ans, comme concessionnaire d'un Tim Horton.

"Je n'ai jamais autant travaillé de toute ma vie.  J'avais besoin de 24 employés, et plus souvent qu'autrement, le 24e, c'était moi", raconte-t-il malgré tout avec le sourire.

Aujourd'hui, les rencontres avec les jeunes mobilise beaucoup de son temps.

"Les organisations font appel à nous, anciens hockeyeurs professionnels, pour rencontrer les jeunes à l'intérieur de différents tournois.  J'ai fait pratiquement le tour de l'Ontario et à chaque occasion qui m'est donnée, j'essaie de faire comprendre aux jeunes et à leur parents, que les études sont primordiales car on ne sait pas ce que demain nous réserve.

"L'enseignement du hockey aujourd'hui n'est plus le même qu'il y a vingt ans, surtout que dans les circuits juniors, peu importe l'endroit au Canada, les études demeurent à la base de tout le processus d'intégration des jeunes.  Il faut considérer également que ce n'est qu'un infime pourcentage des jeunes de catégorie junior, qui seront un jour des membres à part entière d'une équipe de la Ligue nationale.  Il faut donc prévoir pour l'avenir", affirme encore Pilote.

Par ailleurs, il ne fallait surtout pas terminer l'entrevue sans parler de ce fameux "retour" de l'illustre Gordie Howe, l'espace d'une rencontre, avec les Vipers de Détroit de la Ligue internationale.

"Qu'y a-t-il de mal à ce qu'il revienne le temps d'une présence sur la glace.   Il ne faut toutefois pas qu'il risque une blessure.

"J'ai d'ailleurs parlé à Gordie sur le sujet récemment et il m'a dit qu'il souhaitait simplement faire une présence pour ainsi inscrire son nom dans une autre décennie.  Je ne vois personnellement rien de mal à ca, surtout que ca permet de parler de hockey.  Et je suis certain que la Ligue internationale ne sera pas contre cette publicité énorme qu'elle récoltera à cette occasion", dira alors Pierre Pilote en conclusion.

 

Le Quotidien, 10 Septembre 1997.


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